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Les collectifs culturels du Sud-Kivu et plusieurs groupes artistiques ont récemment réfléchi à la protection des artistes dans un contexte marqué par l’insécurité. Cette réflexion a eu lieu lors d’une matinée d’échanges organisée par 3Tamis le 2 décembre 2025. Cette rencontre a réuni des artistes de différentes disciplines dans le cadre de la Semaine Culturelle organisée par 3Tamis, prévue du 1ᵉʳ au 6 décembre 2025 à Ecka et au Centre Delia Ndaro Art Culture à Bukavu.

L’objectif est d’analyser l’environnement sociopolitique actuel et rappeler aux artistes la nécessité d’adapter leurs créations à la nouvelle réalité sécuritaire de Bukavu.

Pour Me Edouard Biriganine, la culture est l’âme d’un peuple et ne disparaît jamais. Pour continuer à la transmettre, l’artiste doit évoluer dans un environnement sûr. Face au changement de contexte sécuritaire, l’artiste devient un acteur essentiel de résilience, souligne.

« Il est important que l’artiste soit conscient de l’environnement dans lequel il vit. Non pas pour se cacher, mais pour adapter ses œuvres aux réalités du moment. L’artiste du Sud-Kivu peut continuer à créer dans le respect des limites sécuritaires, en transmettant des messages qui répondent aux besoins actuels : sérénité, tranquillité et cohabitation pacifique », soutient-il.

Créer sans s’exposer : protéger l’artiste avant tout

Produire une œuvre n’est pas un geste anodin. C’est un acte qui demande une compréhension profonde du moment et du sens qu’il porte. Les opérateurs culturels soutiennent que l’œuvre doit être un espace de protection pour l’artiste, jamais une source supplémentaire d’insécurité. Dans ce contexte, l’autocensure peut devenir un mécanisme d’estime et de survie.

« L’artiste doit réfléchir deux fois avant de diffuser son œuvre, mesurer ses répercussions et garantir qu’elle ne le mette pas en danger. Le souhait de tous est de voir l’artiste vivre, créer et transmettre son message dans la durée », poursuit Me Edouard Biriganine.

Une réflexion intégrée aux activités de la Semaine Culturelle, cette matinée démontre que même en temps de crise, la culture demeure un refuge et les artistes continueront de transformer leurs œuvres en boucliers silencieux, mais indispensables dans la consolidation de la paix.

Christian Buzangu

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